17. Origine des connaissances sexuelles - Famille et parents (suite)

Publié le par jidejeando

 

 

 

• Je pense que je dirais ‘oui’ ou ‘en quoi ça te concerne ?’ J’attends toujours le jour où je trouverais une boîte de préservatifs sous mon lit, lol (GT, 16 ans, USA, Pennsylvanie)

 

• Je doute vraiment qu’ils me posent cette question. Mais je pense que je dirai oui. Y’a rien de mal à ça. Je suis à peu près sûr que mon père le fait ou l’a fait (GT, 16 ans, USA, Californie)

 

• Je dirais non parce que si je dis oui, connaissant ma mère, elle me poserait un torrent de questions comme ‘Quand est-ce que tu as commencé ? Est-ce que tu regardes des personnes nues sur ton ordinateur ? Est-ce que c’est pour ça que tu fermes ta chambre à clés ? ». Je ne supporterais pas, lol (GT, 16 ans, USA, Philadelphie)

 

• Mes parents s’amusent à me le demander … mais je me sens vraiment insulté et je nie rapidement (GT, 16 ans)

 

• Maman ! Je suis catholique ! (GT, 14 ans)

 

• Mes parents le savent très bien mais nous évitons ce sujet. Si on me le demandait brusquement, j’ignorerais leur question, je ferais comme s’ils n’étaient pas là (GT, 16 ans, USA, Baltimore)

 

• Mes parents ne me demanderont pas ça… Bon, c’est ce que je pense. S’ils le font, je dirais ‘Ouais mais seulement une fois par mois’ (GT, 15 ans, USA, Californie)

 

• Mon Dieu, je ne veux vraiment pas qu’on s’approche même de ce sujet (GT, 14 ans)

 

• Premièrement, ils ne me le demanderont jamais. Deuxièmement, je suis sûr qu’ils le savent parce qu’ils ont aussi été ados. Troisièmement s’ils me demandaient, je dirais oui bien sûr, c’est vraiment pas un problème (GT, 16 ans, USA, Maryland)

 

• Je pense que je serais si effrayé s’ils me le demandaient que probablement je courrais me cacher dans ma chambre (GT, 13 ans)

 

• Ils ne me m’ont pas encore posé la question… et j’espère qu’ils ne le feront pas. C’est une question qui ne doit pas être posée. (GT, 15 ans)

 

• Si mes parents me le demandent, je dirais probablement ‘non, je me touche seulement’… ça rendrait ma mère folle et mon père se marrerait sûrement et me dirait d’être sérieux ou quelque chose comme ça ! Je ne l’ai jamais vraiment dit mais je suis sûr qu’ils le savent. Ma sœur, une fois où j’ai descendu l’escalier m’a dit ‘oh ! Qu’est-ce que t’as fait là ?’ Ca fait vraiment chier ! Elle dit tout le temps des trucs comme ça. Je sais que mon grand frère le sait parce qu’il m’a surpris en train de le faire; j’étais trop mal à l’aise mais je pense vraiment pas qu’il l’a répété… Je suis sûr que mes parents savent… J’ai arrêté de me branler quelques jours et je suis sûr que ma mère s’en est rendu compte parce que une fois elle m’a dit ‘Jason, t’es trop sale’ ; c’était le dernier jour de ma courte pose branlette ! lol (GT, 15 ans, USA, Indiana)

 

• Bon, si je mentais et si je répondais non, probablement ils m’espionneraient et découvriraient la vérité, et si je dis oui, ils m’espionneraient aussi et me surprendraient en train de le faire, pour me dire d’arrêter… Je dirais à mes parents que ce n’est pas leur affaire ou alors je mentirais et je dirais que je ne sais pas ce que ça veut dire (GT, 13 ans)

 

• Je leur dirais ‘oui, mais seulement 3 ou 4 fois… par heure’. C’est comme ça que je me sors de ce genre de situation, en ne prenant rien au sérieux et en montrant que c’est nul. (GT, 16 ans, USA, Californie)

 

• Je doute fortement qu’ils me posent ce genre de question. S’ils le faisaient, je nierais le faire. Je pense que je n’ai pas les couilles de le reconnaître, lol. (GT, 16 ans, USA, Californie)

 

• Je mentirais vraisemblablement. Par exemple, ma réponse pourrait être : « Ouais, je le fais de temps en temps, peut-être une ou deux fois par semaine maxi ». Alors que c’est plutôt une ou deux fois par jour. (GT, 14 ans, USA, Pennsylvanie)

 

• Mes parents le savent probablement ; ils ne m’en ont jamais parlé ; mais je suppose qu’ils ont leur petite idée là-dessus. Je pense que l’absence de pollution nocturne témoigne du plaisir que je me donne à moi-même. (GT, 14 ans, Australie, Brisbane)

 

• Quand j’avais 12 ans, mon père me demanda si j’avais du sperme. Vraiment confus, j’ai répondu que non. Il m’a dit de lui dire quand j’en aurai pour qu’il puisse organiser ma circoncision. Je ne lui ai jamais rien dit mais je pense que mon grand frère lui a dit. (GT, 15 ans)

 

• Ils savent que tu te masturbes, et tu sais qu’ils le savent… mais ils ne demanderont jamais (GT, 15 ans, USA, New Jersey)

 

• Oui maman, je le fais chaque nuit, et parfois avec une fille (GT, 15 ans, USA, Atlanta)

 

• Pourquoi mentir, je pense que c’est normal, ton père l’a fait, certaines mères l’ont fait, donc c’est complètement normal et il n’y a pas de quoi avoir honte (GT, 15 ans)

 

• Tes parents savent que tu le fais. Ce serait plus mature de leur dire la vérité au lieu de mentir et de perdre leur confiance. S’ils te posent la question, c’est probablement un test pour savoir s’ils peuvent te faire confiance. (GT, 15 ans)

 

La quasi totalité des ouvrages qui traitent de la puberté ou de l’éducation sexuelle des adolescents insistent le dialogue entre parents et enfants dans ce domaine et divergent seulement sur le moment où de telles conversations doivent se produire. Pourtant il faut constater qu’il s’agit d’une revendication d’adulte qui ne tient absolument pas compte du souhait des garçons, qui aspirent pour la plupart à préserver leur domaine réservé et qui, comme nous l’avons vu, redoutent plus une telle initiative qu’ils ne la souhaitent. Pour la grande majorité d’entre eux en effet leur vie sexuelle ne regarde pas leurs parents, qui n’ont pas à la connaître et encore moins à s’en mêler. Pourtant, certains événements comme la visite régulière d’une copine à la maison ne peuvent passer inaperçus et soulèvent nécessairement quelques interrogations. Un Français de seize ans du département du Rhône posa la question suivante sur le site SortirEnsemble : « Comment annoncer à ses parents qu’on est amoureux, parce que je n’ai pas envie de subir les blagues lourdes… et puis je ne veux pas qu’ils l’apprennent autrement … bref comment leur dire ? ». Voici trois réponses contrastées de garçons de son âge :

 

• Ben perso je tiens pas du tout à ce qu’ils soient au courant de cette partie de ma vie, alors en général je me contente de dire que je sors avec quelqu'un, point ; donc fais pareil et si on te demande avec qui, tu dis que c'est ta vie privée et que tu n’as pas envie d'en parler voilà (SE, 16 ans, France, Puy-de-Dôme)

 

• Ben tu l'invites chez toi, et juste avant qu’elle arrive, tu dis, heu maman, papa, y’a une fille qui vient cet aprem, ça dérange pas ? Et là ils vont normalement te dire, mais non quelle question ? Et là ta mère sans doute va te dire : mais c’est qui cette fille [avec un grand sourire...!] et là tu lui dis : ben en fait c’est ma copine ; et voilà le tour est joué, moi c’est ce que j’ai fait ! lol, mais ça n’a pas empêché mon père de me chambrer pendant pas mal de temps... enfin c’était bien marrant...maintenant il ne peut plus...enfin bref ! (SE, 16 ans, France, Annecy)

 

• Ben moi pour ça il y a pas de problème avec mes parents ; et puis comme parfois ça ne dure pas longtemps, ils ne cherchent plus à comprendre ; il faut dire qu'ils sont un peu largués ; c'est quand ça devient sérieux qu'ils commencent à s'intéresser (SE, 16 ans, France, Haute-Garonne)

 

Les parents sont-ils vraiment  « un peu largués » ? Certainement moins que les adolescents le pensent. Mais il semble que dans les pays occidentaux, avec de fortes nuances nationales, parents et enfants soient arrivés à une sorte de situation d’équilibre dans ce domaine, un statu quo qui arrange tout le monde. Les parents partent du principe que de toutes façons leurs fils savent déjà tout, et qu’une conversation sur le sexe, outre son inutilité, ne pourrait que les mettre mal à l’aise. Les pères se contentent généralement de quelques allusions parfois grivoises ou cyniques dont le but principal consiste à tenter d’instaurer un climat de complicité masculine. Les mères, beaucoup plus attentives, réagissent avec plus de délicatesse.

 

Les posts dans les forums ne font que de rares allusions au contenu de ces conversations un peu solennelles que les parents peuvent tenir avec leurs fils. Elles n’abordent généralement que des thèmes généraux et portent plus sur des règles de conduite que sur des descriptions techniques.

 

 

 

Publié dans Sexualité des ados

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